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Thèse

Digital traces of climate risks. Assessing the communication impact of Paris resilience strategy.

Résumé : Les pressions climatiques contribuent à la complexité des systèmes urbains, qui sont dotés de multiples fonctions et composantes en interaction. Le concept de résilience introduit une approche holistique qui englobe les composantes physico- environnementales (PE) et les composantes socioéconomiques (SE) de la ville. L’approche de la résilience consiste à surmonter la fragmentation dans la gestion des risques, en créant des synergies entre les acteurs. C’est un défi qui souligne l’importance de la construction sociale de la réalité : une dimension spécifique de la ville, qui correspond aux perceptions et aux attitudes de la communauté urbaine vis-à-vis d’un problème ou d’une solution. Cette thèse contribue au besoin actuel de forger un lien entre les composantes PE et SE dans l’étude des risques urbains liés aux aléas du climat. En particulier, la thèse tente de répondre à la question suivante : comment analyser le rôle de la communication dans le développement de la résilience urbaine? À partir de ces prémisses, cette thèse développe de nouveaux indicateurs de commu- nication. Ces indicateurs ont été conçus et testés en région parisienne pour étudier les processus de communication qui caractérisent les stratégies locales de résilience aux risques climatiques. Une première série d’expériences est basée sur des méthodes de recherche habituelle- ment adoptées dans le domaine du SIA (Social Impact Assessment). Ces expériences (veille médiatique et questionnaire sur une exposition) ont été réalisées dans le cadre de la stratégie de communication d’Interreg NWE IVB RainGain (2012-2015), un projet européen sur la résilience aux inondations urbaines. Des techniques d’exploration de big data non structurés (text mining avancé et représentation de graphes) ont été utilisées pour une deuxième série d’expériences. Quatre corpus de textes ont été extraits du Web (avec Europresse et Twitter Advanced Search) et analysés (avec Gargantext, Gephi et Data Miner) : des tweets et des articles de presse sur deux graves inondations à Paris (2016) et en Côte d’Azur. (2015); des docu- ments institutionnels sur la gestion du risque de crue en région parisienne (2003-2017). La veille médiatique a mis en évidence que les activités de communication du projet RainGain et deux inondations en France et aux Pays-Bas ont entraîné une augmentation du nombre d’actualités par mois couvrant le projet. Le questionnaire a mis en évidence un écart entre les résultats des visiteurs de l’exposition et les résultats du groupe de contrôle et a fourni une indication approximative de l’impact de l’exposition en termes de diffusion d’information et d’acceptation du projet RainGain. Les expériences basées sur le text mining et la représentation de graphes ont montré que, dans la presse écrite et sur Twitter, le pic de publications par jour est déterminé par la date du plus haut débit du fleuve. La crue de la Seine a eu plus de visibilité médiatique que les inondations en Côte d’Azur, même si ce deuxième évènement a fait plus de victimes. La presse a décrit les dégâts causés par les inondations dans les deux régions, mais dans le cas de Paris, il y a eu débat plus détaillé sur les divers leviers de la gestion des risques d’inondation. L’analyse de tweet a permis d’observer que le débat sur les solutions de gestion des risques d’inondation a été très limité sur Twitter, si on le compare au débat dans la presse. Il en ressort également que les usagers de Twitter les plus «liké» et «retweeté» ap- partiennent aux secteurs de la presse et de l’administration publique. Quant à l’analyse des documents institutionnels, cette dernière expérience a mis en évidence l’émergence récente des thématiques suivantes : «nature-based solutions», gestion intégrée et multi- échelle des risques, subsidiarité. Les deux séries d’expériences ont montré qu’il peut exister des corrélations entre un facteur social et un facteur environnemental : en effet, nous avons détecté des pics dans les processus de communication causés par des évènements météorologiques. La pre- mière série d’expériences a également prouvé que les actions de communication autour de RainGain ont influencé de manière positive, mais modérée, la sensibilisation et le soutien des personnes interrogées vis-à-vis d’un projet de développement de la résilience. Les résultats de la deuxième série d’expériences ont montré que la presse et Twitter ont fait une chronique des conséquences immédiates des inondations. Dans le cas de la presse, la visibilité accordée à Paris est probablement due à un intérêt journalistique pour tous les évènements qui surviennent dans la capitale française et, également, aux pertes économiques extrêmement élevées que peut provoquer une inondation en région parisienne. Les résultats de l’analyse de tweet peuvent s’expliquer par le fait que Twitter est généralement utilisé comme système d’alerte précoce (c.-à-d. pour diffuser des infor- mations factuelles sur le moment et le lieu d’une inondation) et qu’en cas d’urgence, la presse et les institutions publiques sont considérées des sources d’information officielles et fiables. Quant à la dernière expérience, les résultats indiquent qu’une lente transi- tion vers le paradigme de la résilience caractérise les stratégies de gestion du risque d’inondation mise en place en région parisinne par les autorités territoriales. En conclusion, cette recherche nous a permis de tester des indicateurs de communication pertinents et d’analyser des données quantitatives sur des processus de communication dans le contexte de la région parisienne et des stratégies locales de résilience aux aléas du climat. Les expériences ont montré que les techniques SIA et les techniques d’exploration de big data se complètent. Ces expériences ont également prouvé que des interactions entre processus de communication et processus environnementaux peuvent se produire : la détection de ces corrélations est la première étape pour intégrer l’évaluation de la communication dans une évaluation générale de la résilience urbaine. Les expériences menées étaient soumises à un certain nombre de contraintes qui pourraient être résolues à l’avenir. Par exemple, certaines contraintes méthodologiques peuvent être évitées en intégrant les techniques SIA et les techniques d’exploration de données volumineuses. La plupart des expériences ont été réalisées en région parisienne, mais celle-ci pourraient être répétées dans d’autres régions et à différentes échelles de temps. Nous avons fait des hypothèses sur la manière dont les variables de communication pourraient influencer la résilience urbaine : ces hypothèses doivent être validées en analysant les corrélations potentielles entre les variables de communication et d’autres facteurs de résilience (par exemple, la surface des zones reverdies, le montant des indemnités d’assurance-dommages, etc.), dans le cadre d’une évaluation générale de la résilience.
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Contributeur : Rosa Vicari <>
Soumis le : lundi 28 octobre 2019 - 13:12:04
Dernière modification le : vendredi 23 octobre 2020 - 16:37:11
Archivage à long terme le : : mercredi 29 janvier 2020 - 15:21:45

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Rosa Vicari. Digital traces of climate risks. Assessing the communication impact of Paris resilience strategy.. Environmental and Society. Université Paris Est, École des Ponts Paris Tech, 6-8 avenue Blaise Pascal, 77455 Marne La Vallée, 2018. English. ⟨tel-02335560⟩

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